Monsieur H: #27

Notre Monsieur H: du mois de novembre est Möka, artiste graffeur !


Möka
Graffeur


H • • • ­ Qu’est-ce qui te fait lever le matin ?

Le réveil ! Plus sérieusement, mon métier. J’arrive aujourd’hui à vivre de ma passion et je sais que je me lève pour ça. Je suis arrivé à Bordeaux il y a huit ans avec cette idée de créer ma boite mais j’ai d’abord été serveur pendant deux ans en parallèle, avant de pouvoir me consacrer uniquement au graff.

© Anthony Fournier

A • • • C’était quoi tes rêves d’enfant ?

Quand j’étais petit je voulais dessiner des bijoux. Je ne sais pas trop pourquoi, j’imagine que c’est parce que j’aimais bien ce qui brillait et du coup j’en dessinais beaucoup. Puis en grandissant ça a été les bandes dessinées car j’ai un peu appris à dessiner en recopiant certains ouvrages. Durant toute ma scolarité il n’y avait pas un cours où je ne griffonnais pas quelque chose sur la feuille. Puis du dessin se sont découlées plein de choses comme le graff que j’ai découvert plus tard à 20 ans : j’ai vu ce que l’on pouvait faire avec, j’ai analysé le marché à prendre etc.

P • • • Que faisais-tu il y a dix ans ?

En 2008 je revenais de Caracas au Venezuela. J’ai passé un an là-bas après être parti un peu sur un coup de tête. C’est en y revenant que j’ai touché ma première bombe et que j’ai commencé à graffer. J’ai toujours baigné dans le milieu hip-hop et cette culture est très importante au Venezuela et en Amérique du Sud en général, bien que différente de celle que l’on peut avoir en France. L’art venant de là-bas m’a toujours inspiré, en particulier les fresques murales : c’est très coloré, très vivant et il y a une histoire très révolutionnaire, contestataire. Il y a une véritable culture de la fresque qui s’est après mélangée avec celle des graffitis et aussi une facilité beaucoup plus grande à peindre sur les murs que celle que l’on a en France. Ici je fais notamment des graffs « sauvages » mais toujours sur des éléments murés, amenés à être détruits, en préservant les murs « sains ». Certains ne le font pas mais je suis fidèle à l’éducation que j’ai reçue, surtout dans une ville classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO ! Donc je fais vraiment attention où je peins. Après certaines peintures restent très longtemps sans forcément que je le veuille, comme celle de la tête de mort en face du Central Do Brasil qui est là depuis huit ans !

P • • • ­ Ce serait quoi ton « animal-totem » ?

J’aime bien le coq, déjà car c’est l’emblème de la France et que j’aime mon pays, puis cet animal me représente bien !

© Anthony Fournier

E • • • Si tu devais emmener une personnalité quelque part à Bordeaux, ce serait qui et où ?

Ce ne serait pas une personnalité « grand public » mais une personnalité de cœur : ma grand-mère ! Et se serait évidemment au Central Do Brasil car j’aime beaucoup cet endroit que tout le monde devrait être amené à connaître.

: • • • Tes projets dans un futur proche et lointain ?

Dernièrement j’ai collaboré avec Posca pour la mallette Street Art ! Toujours dans le cadre de cette collaboration, avec Blade nous sommes intervenus dans différents magasins Cultura où l’on a par exemple customisé une voiture coupée. Je vais prochainement animer des ateliers pour faire connaitre le produit. Sinon d’une autre part on est six artistes indépendant à monter une asso. Pour le moment on cherche le local où l’on pourra développer notre projet qui consistera à promouvoir les culturelles urbaines, de faire ce que l’on fait mais en plus gros. Si on est tous graffeurs, on est aussi peintres, sculpteurs, on fabrique des mobiliers en bois… on touche à tout quoi ! Donc là c’est la tête dans les dossiers ! Après j’ai vraiment 40 millions de projets qui bouillonnent avec des gens et des structures différents. J’ai pas le temps de tout faire mais il y a notamment la création de mon site qui contiendra notamment une boutique en ligne.

N • • • Un Monsieur et/ou une Madame HAPPE:N à me suggérer ?

Je pense à Moa, activiste qui œuvre pour reloger les réfugiés sur Bordeaux !

© Anthony Fournier